Je suis devenu bûcheron.

Au contact de forestiers en Bourgogne, j’ai développé des techniques particulières pour ébaucher les formes in situ, à même les grumes. Dans cet environnement sylvicole, j’ai été amené à rencontrer des propriétaires de forêt, des exploitants forestiers, des scieries locales et des agents de l’ONF. Tout un monde dont je connaissais l’existence, mais qui était lointain quand j’exerçais en tant qu’ébéniste. Dans mon activité précédente, le bois était un matériau ; aujourd’hui c’est une matière première. Un point de départ, et aussi ce qui tient la première place.

Ce retour à la source m’a également poussé vers la plus stricte épure dans la forme. Certainement étais-je influencé par les architectes avec qui j’ai travaillé. Mais ce goût pour le minimalisme, s’il s’exprime aujourd’hui dans le design de mes créations, est aussi un principe qui s’applique au procédé de fabrication. J’ai adopté un outillage léger (plane, herminette…), sans aucune machine d’atelier, et mon équipement est globalement plus simple que celui d’une petite menuiserie. J’utilise des techniques primitives de taille directe, en remplaçant simplement les haches par des tronçonneuses, mais avec l’objectif de créer, dans une matière brute, apprivoisée, des objets contemporains.